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Titre : Le goût irrésistible de tes lèvres
Fandom : Supernatural (TV 2005)
Nombre de mots : 4539
Type : OS
Rating : Teen And Up Audiences
Relation : Benny Lafitte/Sam Winchester
Tags additionnels : Alternate Universe - No Supernatural, May/December Relationship, Getting Together, Mild Sexual Content, Benny Lafitte Has Regrets
Résumé : Benny est normalement un homme réfléchi qui ne fait pas la même erreur deux fois. Jusqu’à ce qu’arrive Sam, 23 ans, et le petit frère de Dean. Benny veut oublier leur nuit passée ensemble mais Sam, avec son sourire à fossettes, ses baisers sucrés, se fiche de la bienséance et des quand dira-t-on., et Benny n’est qu’humain après tout.
Notes : Cette fic a été écrite pour le thème journalier 584 : regretter la nuit dernière du Petit Sancho de l'écriture.
Lien AO3 : Le goût irrésistible de tes lèvres


Benny étendit ses doigts vers le corps collé contre lui, un sourire fleurissant sur ses lèvres quand la peau chaude frissonna et les muscles tressaillirent sous son toucher. Toujours les yeux fermés, il parcourut la peau douce de son compagnon, les muscles fins, les poils sur le torse.

Les souvenirs de la veille, encore un peu confus, lui revenaient en tête petit à petit. Ils avaient fêté les 20 ans de la concession. Les patrons avaient préparé une jolie soirée avec buffet, boissons avec et sans alcool. Ils avaient aussi étendu l’invitation à la famille des employés. Bien entendu, Dean avait invité son petit frère Sam, comme à chaque fois que le jeune homme lui rendait visite.

 Avant la fin de la soirée, Dean avait rapidement disparu avec Jo, une des vendeuses de la concession avec qui il flirtait dès qu’il sortait de l’atelier, laissant Sam sans véhicule pour rentrer. Benny s’était alors porté volontaire pour le ramener. Arrivé chez Dean, Sam l’avait invité pour un dernier verre. Benny aurait dû décliner mais il n’avait pas pu résister à ses yeux, à son sourire.

Le cœur battant la chamade, Benny ouvrit les yeux en grand et tomba sur la touffe de cheveux de Sam, son visage appuyé contre l’épaule de Benny, endormi avec la bouche entrouverte. Ils étaient tous les deux nus sous les draps, la chambre de Sam sentait le sexe, le lubrifiant, et la transpiration.

Il avait couché avec Sam, le petit frère de Dean, un de ses subordonnés qu’il considérait presque comme un ami, qui l’avait soutenu quand il avait perdu sa sœur et son mari dans un accident de voiture.

L’estomac de Benny se tordit. Sam avait fêté son vingt-troisième anniversaire il y a deux mois à peine. Benny s’en souvenait très bien, il y avait participé. Il poursuivait encore ses études universitaires où il fréquentait une certaine Jessica, qu’il voulait demander en mariage, d’après Dean.

Non seulement il était un pervers mais en plus, il avait couché avec un jeune homme en couple. C’était une catastrophe.

Benny s’extirpa aussi furtivement que possible du lit et de Sam. Sans se réveiller, le jeune homme lâcha un petit gémissement, se mit sur le ventre, et enfonça son visage dans l’oreiller que Benny avait utilisé avec un soupir contenté. Malgré lui, il suivit la courbe de son dos, musclé comme un marathonien, à ses fesses, rondes et souples, mises en évidence par le drap qui menaçait de glisser si Sam bougeait à nouveau. Les doigts de Benny bougèrent d’eux-mêmes, comme attirés par cette peau jeune et douce.

Il ferma le poing et s’éloigna du lit, de la bile remontant de son estomac. Comment avait-il pu faire ça ? Certes, ils avaient tous les deux bu, mais Benny était le superviseur, le plus âgé, le plus mature.

Et s’il avait forcé Sam sans s’en rendre compte ? Le jeune homme avait semblé heureux d’embrasser Benny, de couler son corps contre lui, de gémir dans ses oreilles et lui montrer qu’il le voulait tout autant que Benny. Ce dernier secoua la tête. Il ne pouvait pas justifier ou excuser ce moment de faiblesse.

Après un dernier regard hésitant envers le jeune homme allongé, Benny prit ses affaires et sortit de la chambre. Il ne prit même pas la peine de passer par la salle de bain. Il voulait partir avant que Dean ne rentre, en espérant qu’il n’était pas déjà rentré.

Pourvu que Sam ne se souvienne de rien, pensa Benny avec une grimace, dont la culpabilité commençait déjà à le rendre malade.

*

— Hé, boss ! salua Dean quand il entra dans le garage. Merci d’avoir ramené Sam hier.

Il lui sourit comme si Benny n’avait pas couché avec son petit frère la veille.

— Pas de souci, répondit-il sans vraiment pouvoir de lui rendre son sourire. Je devais bien m’en occuper quand tu l’as abandonné pour Jo.

Faire cette remarque alors que Benny avait fait la même chose avec Sam, c’était hypocrite, mais Benny n’avait pas pu s’en empêcher. Dean, ignorant les tourments intérieurs de Benny, rosit des joues et son sourire se fit embarrasser. C’en était presque mignon.

— Ouais, bah, c’était pas prévu. Donc, merci.

Benny fit un bruit de gorge en assentiment. Dean ne le remercierait sûrement pas s’il savait ce qui s’était passé entre lui et Sam. Des images impromptues de la veille lui revinrent (les baisers, les gémissements, les yeux à demi fermés de Sam quand il avait joui), et Benny sentit ses joues chauffer à son tour. Ce n’était pas la première fois qu’il se félicitait d’avoir une barbe qui cachait ses réactions physiques comme une douce et solide couverture.

— Allez, va, il y a du boulot aujourd’hui.

Dean acquiesça, un sourire aux lèvres. Pourtant, son regard semblait le questionner. Il fit un salut militaire relâché, puis quitta le bureau.

Benny lâcha un soupir et plongea son visage entre ses mains. Il fallait juste qu’il garde ses distances. Sam venait rarement à l’atelier de toute manière et il repartirait bientôt à l’université. Benny pouvait attendre jusque-là. C’était juste un jeu de patience, et il excellait à ce jeu-là.

À midi, l’estomac de Benny commença à se manifester. Il cligna des yeux pour contrecarrer l’assèchement à force de fixer un écran toute la matinée. Il jeta un coup d’œil dans le garage ; Dean travaillait sur une Volkswagen sur le pont, Frank avait la tête plongée sous le capot d’une Toyota, et Dimitri vérifiait le niveau d’huile d’une Ford.

Benny tapota le bureau de ses doigts, se demandant où est-ce qu’ils pourraient bien prendre à emporter ce midi. Il en avait un peu marre des sempiternels sandwichs ou des pizzas de la pizzeria du coin. Benny pourrait les appeler le restaurant mexicain qui se trouvait un peu plus loin dans la rue et qui avait reçu de bonnes critiques.

Avant qu’il ne puisse décrocher le téléphone, ses plans tombèrent à l’eau quand la silhouette de Sam apparut à l’entrée de l’atelier. De là où il était, Benny pouvait voir les fossettes quand il souriait. Il avait un sac dans les mains qu’il ouvrit pour que Dean puisse y jeter un coup d’œil. Par l’air excité de ce dernier, ça devait être de la nourriture.

Le regard de Sam trouva alors celui de Benny derrière sa vitre, comme si c’était un mur qui le masquerait de ces yeux inquisiteurs. Mais derrière cette vitre, le pouvoir du regard de Sam n’en était pas amoindri, rendant presque Benny mal à l’aise.

Sam semblait si jeune et si innocent sous la lumière blanche et crue du garage. Il avait fait confiance à Benny, et Benny avait—

Il détourna le regard, les souvenirs de la veille se superposant sur le jeune homme. Peut-être qu’il pourrait dire qu’il n’avait pas faim, qu’il avait un rendez-vous à l’extérieur, qu’il avait du travail. Il en profiterait pour s’éclaircir la tête et arrêter d’agir comme un gamin qui s’était fait attraper la main dans le sac sauf que c’était bien plus grave que de voler des sucettes à l’épicerie du coin.

Dean passa la tête dans le bureau, un air à moitié inquisiteur, à moitié inquiet.

— Sam a apporté le déjeuner. Tu viens ? Burgers et pies.

— J’ai du boulot, Dean, je viendrai plus tard.

Dean fronça les sourcils mais n’insista pas. Benny le suivit du regard quand il repartit vers le groupe et croisa à nouveau celui de Sam, perçant et fixe. Benny se trouva rapidement quelque chose à faire pour éviter son regard. Dans sa détermination à ignorer la situation, il se perdit dans le travail et oublia réellement que c’était sa pause déjeuner jusqu’à ce qu’on vienne frapper discrètement à sa porte. Pensant que ce serait Dean ou un autre de ses collègues, Benny fit signe à la personne d’entrer sans lever des yeux de son écran.

— J’ai bientôt fini, annonça Benny quand la porte s’ouvrit. Mrs Reynolds a appelé, elle a besoin qu’on lui change le phare avant gauche. Je lui ai proposé de passer lundi après-midi.

Au lieu d’une réponse orale, une boîte qui sentait bon le steak, la sauce barbecue, les oignons, et le thym fut déposée sur son bureau. Benny leva abruptement la tête, les yeux écarquillés. Sam lui sourit timidement.

— Dean m’a dit que t’avais trop de travail pour venir manger alors j’ai pensé t’apporter le déjeuner à la place. C’est un burger à la Louisiane, j’ai pensé à toi quand je l’ai vu mais je sais pas trop ce qu’il vaut.

Sam haussa les épaules, ne se départant pas de son sourire malgré le silence un peu trop long de Benny. Sam avait l’air en forme malgré les petits cernes sous les yeux. Benny ne put s’empêcher de détailler le jeune homme, soudainement saisi par l’envie de l’attraper par la nuque, l’embrasser jusqu’à en perdre leur souffle, le pousser contre le mur et l’entendre soupirer de plaisir sous ses caresses.

— Benny ? fit Sam, les joues rosies et le regard étincelant.

Bon sang. Sous son bureau, Benny ferma le poing au point de s’enfoncer les ongles dans la paume, dans une vaine tentative d’effacer ces pensées encore plus inappropriées à la lumière du jour, dans son atelier, et alors que Dean se trouvait dans la pièce d’à côté.

— Désolé, j’étais dans mes pensées, dit Benny avec un sourire qu’il espérait sincère et détendu.

— J’ai remarqué.

Sam avait toujours les joues roses. Le regard assombri, il s'humecta les lèvres. Volontaire ou non, ce geste envoya un choc de frissons le long de la colonne vertébrale de Benny. Pour se distraire et distraire Sam par la même occasion, il tira la boîte vers lui et dit :

— Merci pour le déjeuner, Sam. Tu n’avais pas besoin de faire ça.

Et il n’avait pas non plus besoin que le jeune homme se fasse des idées que Benny ne pourrait pas (ne devrait pas) concrétiser.

Dans la boîte, le burger était emballé dans du papier alimentaire et accompagné de frites épaisses, bien dorées et saupoudrées de paprika. Deux pots de sauces finissaient le tableau. Benny huma les bons arômes et son estomac gronda bruyamment. Sam rit à voix basse, essayant de cacher son sourire derrière sa main. Adorable était le mot que Benny aurait pu choisir pour décrire Sam à ce moment-là.

— J’ai peut-être un peu tardé, fit Benny avec un sourire.

Sam s’assit sur une chaise devant le bureau de Benny. Ce dernier leva ses sourcils et réprima l’envie de regarder ailleurs pour éviter les yeux de Sam un peu trop perspicaces à son goût.

— T’es parti vite ce matin.

Sam s’était rapproché du bureau, un air de connivence sur le visage.

— Sam, on ne devrait pas...

— En parler ? coupa Sam en se collant contre le bureau, ses doigts se rapprochant inexorablement de la main de Benny. Pourquoi ?

— Tu sais pourquoi.

Benny passa une main fatiguée dans sa barbe. Sam leva le menton, la mâchoire serrée, comme s’il le défiait d’avancer ses arguments. Benny n’avait pas envie d’en discuter ici, à l'atelier, avec Dean, ou n’importe qui d’autre qui pourrait entendre leur conversation et pourrait décider que Benny n’était qu’un profiteur pervers, que leur amitié était moins importante que son frère, car, aux yeux de Dean, Sam passait avant tout. Benny ne pourrait jamais concourir contre cet amour, et il n’était même pas sûr de vouloir s’y confronter. Ce que Dean et Sam partageaient n’était pas qu’un simple amour fraternel.

— Ah oui ? répondit Sam, nonchalant, croisant les bras sur le bureau. Dis-moi pourquoi on ne devrait pas parler de la meilleure nuit que j’ai passée avec quelqu’un ?

Le soufflé coupé par cette phrase et le regard brûlant du jeune homme, Benny mit quelques instants avant de retrouver le fonctionnement de ses cordes vocales.

— Ne dis pas ça, Sam, pas ici.

Et nulle part ailleurs, si Benny exerçait une quelconque influence.

Sam pencha la tête sur le côté et observa Benny, lui donnant l’impression d’être à découvert, avec ses regrets, ses questionnements, ses doutes. Le jeune homme ouvrit la bouche, probablement pour dire quelque chose qui ne ferait que vaciller Benny.

— Hé, désolé de te déranger, interrompit Dean en les regardant l’un après l’autre, les sourcils légèrement froncés. Mais on a un client un peu difficile, si tu veux bien t’en occuper, Benny.

Comme un homme sur le point de se noyer, Benny s’accrocha à la bouée de sauvetage de Dean.

— Bien sûr, j’arrive. Deux minutes.

Dean acquiesça mais resta à l’extérieur du bureau avec un air attentif.

Benny se tourna ensuite vers Sam en faisant le tour du bureau :

— Merci pour le déjeuner, Sam, c’était gentil de ta part.

Sam ne perdit pas son air jovial et se leva à son tour.

— Pas de soucis. C’était le moins que je puisse faire.

Avant que Benny ne puisse s’interroger sur cette phrase, Sam sortit du bureau en le frôlant, ses doigts faisant un petit détour par la poche arrière de son pantalon. Il l’avait fait exprès si le regard que le jeune homme lui jeta avant de disparaitre était une indication.

— Tout va bien ? demanda Dean, les yeux légèrement plissés.

Benny lui envoya un sourire rassurant.

— Aucun problème. Allez, dis-moi ce que ce client veut, fit-il en rejoignant Dean, une main amicale sur son épaule.

Après la petite confrontation avec le client, Benny fit tout son possible (et réussit) pour éviter Dean si c’était possible. Toute l’après-midi, il avait senti le regard calculateur de l'homme sur lui, comme s’il essayait de comprendre un problème mécanique qui le préoccupait. À la fin de la journée, Benny profita d’un moment où Dean était distrait avec un autre collègue pour se faufiler et sortir. Généralement, il était le dernier parti, mais aujourd’hui, il faisait une exception. Il se demanda distraitement si ça n’était pas une nouvelle preuve de sa culpabilité.

Une fois en sécurité chez lui, les doutes s’évaporèrent. Il agissait comme ça pour le bien de Sam (et le sien). À partir de maintenant, il n’avait qu’à attendre le départ imminent de Sam. Après ça, tout reviendrait à la normale.

*

— Qu’est-ce que tu fais là ? Benny demanda un peu brusquement quand il découvrit un Sam Winchester tout sourire, mettant en évidence ses fossettes, sur le pas de sa porte quelques heures plus tard.

— Dean m’a dit que tu étais parti plus tôt aujourd’hui, répondit Sam. Tu me laisses entrer ?

Benny hésita : une partie de lui voulait ouvrir grand la porte et laisser Sam entrer. Mais s’il faisait ça, il laissait le champ libre à plus, et il doutait de pouvoir résister à ce que Sam lui proposait.

Derrière Sam, Benny croisa le regard insistant de son voisin d’en face qui promenait son chien. Le voisin le salua d’une main avec un sourire en coin qu'il détesta de tout son être. Son regard se posa à nouveau sur le jeune homme. Son estomac se tordit, les papillons s’envolèrent. Benny se décala pour laisser Sam entrer.

Le jeune homme sourit, sa main effleurant celle de Benny quand il posa le pied à l’intérieur. Benny referma la porte pendant que Sam prenait le temps d’observer sa maison. C’était étrange de le voir ici. C’était la première fois qu’il venait, et c’était comme si tout d’un coup deux mondes s’étaient entrechoqués et avaient laissé passer quelque chose entre les mailles du filet.

Sam se tourna vers lui, le regard sérieux avec une pointe de nervosité. Pourquoi sentait-il nerveux ? Dans l’histoire, Benny qui devait être nerveux.

— Je te sers à boire ? demanda-t-il quand aucun des deux hommes n’osa dire quoi que ce soit.

Ça en serait presque pathétique si la situation n’était pas déjà tellement étrange. Et si le cœur de Benny voulait bien arrêter de taper aussi fort dans sa poitrine.

— De l’eau, s’il te plaît.

Malgré lui, Benny haussa les sourcils, surpris. Sam eut l’air embarrassé.

— J’ai bu plus que d’habitude hier soir et j’ai encore un peu mal à la tête. Je n’ai pas envie d’empirer la situation.

Dans d’autres circonstances, Benny aurait souri, peut-être même rigolé, lancé quelques piques à son encontre. À la place, sa gorge se noua alors qu’un poids lourd tomba dans son estomac, un nouveau rappel déplaisant de ce qu’ils avaient fait hier, de ce que Benny avait fait.

Se dirigeant vers la cuisine pour lui servir un verre d’eau, Benny ne savait pas trop quoi dire. S’excuser serait-il suffisant ? Il n’avait pas vraiment prévu de passer la nuit avec lui, mais ça ne voulait pas dire qu’il n'était pas responsable. Quand il se tourna vers Sam avec le verre d’eau, le jeune homme s’était silencieusement approché de lui, ne laissant que quelques dizaines de centimètres entre eux. À cette distance, Benny pourrait le toucher, l’attirer contre lui et l’embrasser. L’image, sans restriction, jaillit dans son esprit et envoya des signaux de désir dans tout son corps. Bordel. Il ne pouvait pas juste baver sur le petit frère de son subordonné.

Sam ouvrit la bouche pour dire quelque chose, et Benny en profita pour lui donner le verre d’eau, le coupant dans son élan.

— Merci.

Sam commença à boire, tout en le fixant des yeux, puis posa le verre à moitié bu sur le comptoir et s’avança jusqu’à qu'ils puissent sentir le souffle de l’autre sur le visage. Benny dut lever les yeux pour garder le contact avec Sam. Même s’il était plutôt fin, sa taille lui donnait un certain ascendant sur lui qui le faisait frissonner.

Lentement, Sam effleura du bout des doigts la main de Benny, s’attarda sur le poignet, s’aventura sur le bras, puis l’épaule, laissant derrière eux une trainée de feu même à travers les vêtements. Il s’arrêta quelques instants sur le cou, là où la veine de Benny pulsait. Le pouce placé sur son menton, Sam griffa gentiment sa barbe sous la mâchoire.

Benny semblait incapable de faire quoi que ce soit, hypnotisé par Sam. Le jeune homme se baissa lentement vers lui, son regard inquisiteur voyageant entre ses yeux et ses lèvres. Sam lui laissa amplement le temps de refuser ou de tourner la tête si Benny le souhaitait, puis posa enfin ses lèvres sur celles de Benny. Ce dernier voulut attraper Sam mais s’arrêta au dernier moment, ses mains survolant à quelques centimètres du corps de l’autre.

Prenant ce geste comme un feu vert, Sam prit le visage de Benny entre ses mains chaudes. Ses pouces commencèrent à caresser sa barbe d’une manière si douce que Benny en eut presque les larmes aux yeux. Sam entrouvrit la bouche et titilla les lèvres de Benny avec sa langue. Ce dernier ouvrit la bouche dans un soupir et laissa Sam approfondir le baiser.

Alors que le baiser s’intensifia, que Benny commença lentement à perdre la tête sous le désir qu’il ressentait pour Sam, une pensée implacable arriva à se faufiler : rien n’avait changé ; ils étaient toujours Benny Lafitte, un chef d’atelier de 38 ans, et Sam Winchester, un étudiant de 23 ans. Ce fut comme une douche froide.

Doucement, parce qu’il ne voulait pas brusquer Sam, Benny se retira du baiser et mit un peu de distance entre eux. Les yeux encore brillants d’ardeur, Sam fronça les sourcils d’inquiétude.

— Il y a un problème ?

Benny se mit à rire doucement à cette question. S’il n’y avait qu’un seul problème, il ne serait pas autant en conflit avec lui-même. Pendant que sa tête lui citait toutes les mauvaises raisons de ce qu’ils faisaient, son cœur et son corps bataillaient pour les lui faire oublier.

— Bien sûr qu’il y a un problème, Sam.

Benny se passa la main dans les cheveux, tirant légèrement sur ses mèches courtes, espérant que la petite douleur calmerait le bouillonnement en lui. Le visage Sam s’attrista, et Benny dut chercher au plus profond de lui le contrôle pour ne pas effacer cette expression avec ses mains, ou pire, avec ses lèvres.

— On ne peut pas.

Voilà, c’était dit. Benny ne pouvait pas se montrer plus clair.

— Pourquoi ?

Encore ce pourquoi.

— Si tu dois poser la question, c’est bien la preuve qu’on ne doit pas recommencer.

— Mais si tu dis rien, comment tu veux que je comprenne ? On n’a rien fait de mal à ce que je sache ! s’écria Sam, exaspéré, avec un geste de la main frustré. Deux adultes consentants ont couché ensemble et c’était fun, donc je ne vois pas le problème.

— C’est ça, le problème ! Tu ne vois pas à quel point c’est inapproprié. Tu as 23 ans, Sam. J’en ai 38. Tu es le frère de Dean, mon subordonné. Tu es en couple—

 — En couple ? coupa Sam, le front plissé, plus confus que blessé. Qui t’a dit ça ?

— C’est ça que tu retiens dans ce que j’ai listé ? demanda Benny en soupirant.

— En même temps, t’as juste listé des trucs vrais, répondit Sam en haussant les épaules. Sauf cette histoire que je suis en couple. Je suis pas en couple. Enfin, je suis plus en couple.

— Dean m’a dit que tu avais une copine à Stanford, une Jessica.

— Je suis sorti avec elle, oui, mais on a rompu il y a quelques mois.

— Oh.

OK, Benny devait juste recalibrer les choses. Au moins, il n’avait pas couché avec un homme déjà en couple. Ça le mettait à un niveau un peu en dessous de « connard ».

— Et pour le reste, continua Sam en s’approchant, je ne vois toujours pas le problème.

— Moi, oui, répondit Benny, remettant un peu d’espace entre Sam et lui. On a une trop grande différence d’âge.

Sam leva les yeux au ciel, comme si ça n’avait aucune importance, lui rappelant douloureusement à quel point Sam était jeune s’il ne voyait le souci.

— Je suis adulte. Je suis en deuxième année de droit. Je suis assez âgé pour décider de ce que je veux.

Comme pour prouver ses dires, Sam enroula son doigt dans une boucle du pantalon de Benny et l’attira vers lui pour délicatement prendre la lèvre inférieure de Benny entre ses dents. Le cœur de Benny bondit alors qu’une nouvelle vague de chaleur l’envahit. Il aimait un peu trop se trouver à la merci du jeune homme. Mais il fallait qu’il résiste, qu’il prouve qu’ils n’étaient pas compatibles d’une manière ou d’une autre.

— J’adore comment tu réagis, chuchota Sam contre ses lèvres avant de l’embrasser à nouveau. Il passa ses mains dans son dos puis les inséra dans les poches arrière pour l’attirer contre lui, joignant leurs entrejambes. Benny laissa échapper un petit gémissement. Ce simple son sembla encourager Sam qui commença à donner des petits à-coups des hanches, suscitant de nouveaux halètements.

Benny agrippa fermement ses hanches pour les arrêter et se donner un peu de répit. Sam geignit mais ne lutta pas. Benny délaissa la bouche de Sam pour déposer des baisers dans le cou du jeune homme, à la jonction de l’épaule, remontant lentement pour finir juste en dessous de l’oreille. Les mains de Sam se crispèrent sur les fesses de Benny, toujours à l’écoute de ses soupirs et tremblements. Benny sourit puis tira sur le lobe de son l’oreille. Sam retira soudainement ses mains des poches, prit le visage de Benny et s'appropria ses lèvres dans un baiser enivrant.

Comme la nuit dernière, Sam enfonça ses doigts dans la barbe de Benny. Au moment où Benny se disait qu’il pourrait bien se laisser faire, d’autant plus qu’ils étaient tous les deux sobres, Sam recula d’un coup, une main appuyée contre sa veste.

— Sam ?

— Attends, dit Sam avec un doigt levé alors qu’il sortit son téléphone de sa veste. Oui ? Je suis chez un ami. Non, tu ne le connais pas.

Sam soupira et se détourna légèrement. Mal à l’aise d’être témoin de son appel téléphonique, Benny se versa un verre d’eau.

— Oui, maman, j’ai compris. Je serai sage, promis. À demain, Dean.

Sam raccrocha et se tourna vers Benny qui avait dû reposer son verre sur la table à la mention de son nom. Il avait complètement oublié Dean.

— Bon, où en étions-nous ? demanda Sam avec un sourire après avoir rangé son téléphone. Ça va ? T’as l’air malade.

— Je vais bien.

Sam fronça les sourcils, pas convaincu. Peu à peu, la compréhension illumina son regard.

— C’est à cause de Dean, c’est ça ?

Benny n’avait pas la force de répondre à voix haute, préférant lui envoyer une grimace.

— Dean… il s’en fichera, affirma Sam avec assurance.

— Ah oui ? Alors pourquoi tu ne lui as pas dit que t’étais chez moi ?

Sam baissa les yeux, se mordillant la lèvre inférieure. Le jeune homme sûr de lui était parti, laissant devant lui un jeune homme moins sûr de lui.

— Tu sais comment Dean est, répondit-il, bougon. Il est bien trop protecteur. Il pense toujours que je suis un gamin qui ne sait pas prendre des décisions sérieuses. Mais il oublie qu’il n’est pas beaucoup plus âgé que moi, et que j’ai bientôt terminé mes études. Tu me traites comme un gamin aussi.

Sam le regardait à travers ses cils, ce qui était un exploit sachant qu’il était plus grand que Benny.

— Par rapport à moi, oui, t’es un gamin.

— Et pourtant, hier soir—

— Était une erreur, coupa Benny, un peu sèchement. Ce soir aussi. Tu ne devrais pas… tu devrais t’intéresser aux personnes de ton âge, Sam. Pas à moi.

— Et pourquoi pas ? Si tu me dis c’est parce que t’es plus vieux, pas la peine de répondre.

Benny referma sa bouche dans un bruit sourd. Sam baissa les yeux et il croisa les bras.

— J’ai jamais voulu te mettre mal à l’aise. Désolé.

Sam se passa une main dans ses cheveux, découragé, et tourna le dos à Benny. Le cœur de Benny s’accéléra d’un coup, incapable de réagir. Les pensées tourbillonnaient dans sa tête, mais il y en avait une qui revenait au premier plan : il ne voulait pas que Sam parte, au risque qu’il ne revienne jamais.

Dans un élan qu’il allait sûrement regretter plus tard, Benny suivit Sam. Le jeune homme venait d’ouvrir la porte d’entrée et allait sortir. Benny n’allait pas le revoir avant au moins quelques mois, et cette pensée le rendrait presque malade car Sam avait étonnamment pris une importance presque effrayante dans son cœur ces dernières années.

D’un petit frère ennuyé par l’amitié entre Dean et lui, Sam s’était réchauffé par rapport à Benny à mesure de ses visites, comme s’il le voyait plus que le chef ou l’ami de Dean, comme s’il voyait Benny pour Benny, et non pas une extension de Dean.

— Sam, attends, réussit-il à dire avant que Sam ne disparaisse.

Le regard plein d’espoir que Sam lui jeta fit bondir son cœur et serra ses poumons. Sa tête lui disait qu’il commettait une erreur monumentale, mais son cœur était d’un avis contraire.

Ne se sentant pas capable de vocaliser tout ce qu’il voulait dire pour le moment, Benny fit la seule chose que Sam allait comprendre. Il l’attrapa par le col, l’attira contre lui et l’embrassa à pleine bouche. Sam n’hésita pas une seconde et enroula ses bras autour de son cou et le poussa en arrière. Du pied, il referma la porte, continuant son avancée sur Benny jusqu’à ce que son talon tape contre la première marche de l’escalier. Sam releva la tête et interrompit le baiser. Ensuite, il prit la main de Benny et commença à monter les escaliers en le tirant à sa suite.

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